Les corridas sont maintenues en vigueur en France par la loi du 31 Janvier 1951, qui pose une exception à la loi Grammont du 2 Juillet 1850, qui condamne les mauvais traitements aux animaux, en l'estimant non applicable "lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être évoquée".
la corrida a été introduite en France pour la 1ère fois à St-Esprit prêt de Bayonne en 1853 à cause de Eugénie de Montijo, espagnole et épouse de Napoléon III. A part une ancienne (et unique semble-t-il) tentative au 18e siècle la corrida n'a jamais existé en France mais il existait déjà des tauromachies autochtones.
Le hic dans cette introduction de la corrida en France c'est qu'elle coïncide avec la loi Grammont (1èreloi de Protection des Animaux) et en toute logique la corrida aurait dû être interdite et leurs auteurs condamnés. Mais voilà, c'était l'impératrice et personne n'a relevé la contradiction. Fort de cette complicité au démarrage, et peu à peu grâce à en engouement du public (surtout au sud de la France) il n'a jamais été possible de la faire interdire. Il y avait bien des amendes (mais très dérisoires.)
Serions nous encore moins évolué qu'il y a 150 ans pour tolérer des actes de cruauté sur des animaux dans des arènes dignes de Rome!
Elle est pratiquée actuellement dans environ 60 villes en France.
La corrida est le parangon de la bassesse et de la folie ordinaire dont peuvent faire preuve certains êtres humains.
Elle est cette pratique tribale qui consiste en l'abattage rituel de 6 taureaux à chaque exhibition (payante), abattage assorti de tortures préalables.
Elle bafoue toutes les valeurs fondamentales universelles dont le respect de la vie et le droit à la différence.
Non respect de la Vie :
La corrida consiste à soustraire un être vivant sensible (en l'occurrence le taureau) à son environnement naturel pour le placer dans des conditions artificielles où il ne pourra rien faire d'autre que de subir le bon vouloir de ses tortionnaires.
Le non droit à la différence :
La corrida opère une discrimination spéciste. L'être humain, autoproclamé être "supérieur" se place au sommet d'une hiérarchie anthropocentrique et s'arroge non seulement le droit de vie et de mort sur ses dissemblables mais également sur ses semblables ! (Racisme / Sexisme).
Une incomparable lâcheté (Hors arènes)
Le taureau et le cheval (cet autre animal utilisé dans la corrida) sont trafiqués. S'agissant du taureau, il est l'objet de fraudes multiples visant à réduire ses capacités d'autodéfense.
Nous n'en citerons que quelques-unes :
· Transport dans des caissons de contention
· Transport sur des milliers de km (camion / bateau / avion)
· Diète et diète hydrique pendant le transport : (Des taureaux sont arrivés morts de déshydratation (Céret / P.O./ 2001). Ils avaient perdu plus de 50 kgs en cours de transport !)
· Administration de calmants (Rompun) soi-disant pour éviter que l'animal ne se blesse en cours de transport en tentant de se désincarcérer.
· Administration de purgatifs. Visible à l'arrière-train souillé. Provoque l'affaiblissement de l'animal.
· Sciage des cornes : (afeitado)
Opération de mutilation particulièrement douloureuse exécutée à vif sur animal en caisson de contention.
(Sur la demande des toreros qui souhaitent toréer des animaux non dangereux)
Perte de spatialité :
Non utilisation de ces "armes" devenues douloureuses, les extrémités artificiellement refaites à coups de lime éclatant fréquemment lorque l'animal heurte le sol ou la barrière.
· Alimentation : (pienso compuesto) les surfaces d'élevage se raréfient. D'extensif, l'élevage devient intensif. Il faut donc complémenter les rations journalières avec du toutaliment dont les éleveurs eux-mêmes ne savent pas ce qu'il contient !
On obtient des animaux gras et impressionnants par le poids mais sans muscles, qui font peu d'exercice et qui tombent très fréquemment dans l'arène, manquant d'une part d'entraînement et étant d'autre part ankylosés par les transports précédemment décrits.
Une incomparable lâcheté (Dans les arènes)
"Combat loyal" : 1 animal seul, inexpérimenté et trafiqué face à 6 hommes entraînés.
· Piques invalidantes
· Banderilles chargées de réactiver sans cesse la douleur
· 1 torero tué pour 34 800 taureaux (étude scientifique relevée sur le "Que sais-je ?" n°568 intitulé "la Corrida" par Eric Baratey et Elisabeth Hardouin-Fugier
Exaltation du sadisme et de la violence
Incitation au voyeurisme et à la perversité
Banalisation de la violence :
Matraquage incessant dans la plupart des media
Embrigadement de la jeunesse :
Apprentissage de la torture et de la brutalité dans des "écoles" dites "de tauromachie". Il faut en effet savoir qu'avant de se produire dans de grandes arènes, les toreros doivent s'entraîner dès leur plus jeune âge, quasiment tous les jours ! S'entraîner veut dire mettre à mort de jeunes veaux au cours de corridas privées qui sont probablement le paroxysme en matière d'ignominie
Non respect de la loi :
Article 521 -1 du Code Pénal
Sévices graves, actes de cruauté Alinéa 1 :
" Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende. "
Alinéa 3 : " Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie."
Le 1er alinéa sanctionne durement les actes de cruauté et les sévices graves à animaux.
Mais le 24 avril 1951, le lobby taurin obtient le vote d'un amendement à l'Assemblée Nationale. C'est le fameux alinéa 3 qui exonère de poursuites les promoteurs de "courses de taureaux" (traduirez : corrida) là où ils peuvent justifier d'une soi-disant "tradition locale ininterrompue"
Ainsi la loi reconnaît-elle implicitement l'aspect barbare de cette pratique mais la tolère, allant à l'encontre du caractère indivisible d'une loi applicable à l'ensemble d'un même territoire.
Non respect de la démocratie
Plus de 80 % de la population française se déclare hostile à la corrida. Y compris dans les zones considérées comme étant "de tradition" (Sondages : Toulouse (2000) / Fréjus (2001)
Non respect de la santé publique :
Commercialisation de la viande des taureaux mis à mort au cours des corridas.
Les techniques d'abattage consistant à dilacérer la moelle épinière sont interdites par la Commission Européenne qui préconise l'incinération des carcasses. La France fait une exception en autorisant la commercialisation d'une viande susceptible de transmettre la maladie de Kreudsfeldt-Jakob.
Escroquerie économique :
Les corridas sont quasiment toutes déficitaires sur le territoire français.
Il faut donc les inclure dans de grands espaces festifs que sont les ferias pour réussir à piéger des spectateurs, touristes étrangers pour la plupart.
Ce n'est pas la feria qui a besoin de la corrida mais bel et bien la corrida qui a besoin de la feria. Ces déficits sont comblés grâce à un financement public via les collectivités locales : (municipalités / département / région) ou européen (subventions pour des élevages de vaches allaitantes !)
Escroquerie historique :
Une prétendue filiation avec l'époque préhistorique !
La corrida est une pratique d'abattoir venue d'Espagne à la fin du 17e siècle, tombée en désuétude vers le milieu du 19e siècle et aujourd'hui remise au goût du jour par une mafia qui a réussi à infiltrer tous les rouages de la société (politique / artistique / médiatique / enseignement / magistrature / etc…)
Conclusion
La corrida est probablement la pratique barbare la plus indéfendable.
Elle est l'agression codifiée d'un paisible herbivore au nom de l'Art, de la Culture ou de la Tradition !
Elle est l'expression la plus abjecte de la loi du plus fort.
Elle est enfin une immense escroquerie intellectuelle avec son cortège de légitimations tentant de masquer la plus extrême hypocrisie.
Celles et ceux qui en font l'apologie sont à nos yeux les meilleurs vecteurs de la décadence et de l'obscurantisme.
Les détresses humaines ou animales ne sont pas opposables.
Elles relèvent de processus de discriminations arbitraires basées sur la loi du plus fort.
Elles sont toutes l'expression d'une violence caractérisée à l'encontre d'individus humains ou animaux qui ne peuvent rien faire d'autre que de subir le bon vouloir de leurs tortionnaires.
D'une certaine façon, la lutte pour l'abolition définitive de la corrida doit permettre la réconciliation des divers mondes du vivant.
L'engagement dans ce type de lutte est donc surtout et avant tout un engagement moral.
La lutte anticorrida : une nécessité
Contrairement à ce que l'on peut parfois entendre ici ou là, cette lutte spécifique revêt un caractère primordial.
Tant que des êtres humains se divertiront de la détresse d'un animal, l'humanité ne pourra pas revendiquer un label de civilisation, contraire de la barbarie.
Persécuter un animal reste un acte condamnable et qui doit être condamné.
La corrida reste l'une des expressions les plus abjectes de la bassesse humaine.
La lutte anticorrida fait appel à la responsabilité de chaque individu qui doit apporter sa pierre à l'édifice contre la violence.
Josyane Querelle, Pdte de la FLAC