Isaac Bashevis Singer, écrivain yiddish détenteur du prix Nobel fut le premier auteur moderne qui ait vraiment utilisé le terme holocauste pour décrire l'exploitation et le massacre des animaux. Il a écrit : "Par rapport à eux, tous les humains sont des nazis. Pour les animaux c'est l'éternel Treblinka."
N'ayons pas peur des mots : la France est truffée de camps de concentration et de salles de torture. Des convois de l'horreur la sillonnent à tout instant et en tous sens. Pour cause d'élevage intensif, les fermes, devenues des " exploitations ", se sont reconverties en centres de détention à régime sévère, et les " fillettes " de Louis XI passeraient pour de véritables hangars face aux dispositifs où l'on enferme des créatures que la nature avait conçues pour la lumière, pour le mouvement et pour l'espace.
Actuellement, neuf porcs sur dix sont élevés industriellement, neuf veaux sur dix proviennent du secteur intensif et sur cent oeufs consommés, quatre-vingt-quinze sont pondus en batterie…
L'élevage en batterie nie l'existence de l'animal en tant qu'être sensible et ne respecte pas les besoins physiologiques élémentaires de centaines de millions d'êtres vivants. En achetant, en consommant, nous nous rendons complices de ce système, nous le cautionnons, nous l'entretenons, nous l'encourageons.
Dans l'élevage intensif, la règle numéro un est d'économiser l'espace pour rentabiliser, ce qui laisse à chaque animal à peine l'espace de son propre corps. Les mouvements les plus dérisoires et les plus indispensables comme se tourner, se coucher, se gratter, deviennent impossibles et ceci pendant des mois, pendant une vie !
Les animaux vivent dans l'obscurité. Ils sont mutilés à vif on coupe les cornes des vaches, les canines des porcelets, les becs des volatiles, on castre tous les mâles.
L'un des scientifiques de Pro-Anima dit :
" Nous savons aujourd'hui que la mémoire présente dans toute la matière se transmet tout au long de la chaîne alimentaire au bout de laquelle est l'homme... Un animal égorgé en pleine conscience et qui agonise se retrouve dans nos assiettes avec cette mémoire. Je plains ceux qui incorporent ce vécu dans leur chair."
L'imagination maligne de quelques-uns, dont le seul objectif est la rentabilité, associée à l'indifférence de tous les autres, a pour corollaire une incommensurable souffrance de nos frères inférieurs. S'il est un domaine dans lequel notre responsabilité est d'autant plus grande qu'elle est quotidienne, c'est bien celui de la consommation et de l'exploitation des animaux pour leur viande.
Volailles
Quatre milliards de poulets de chair sont aujourd'hui élevés au sein de l'Union européenne chaque année, dont 850 millions en France.
Dix millions de poulets sont ainsi tués chaque jour dans l'Union européenne.
Dindes, poulets, canards de chair sont entassés au sol par dizaines de milliers, dans un même hangar après avoir été débecqués avec une lame chauffée à blanc qui parfois arrache totalement le bec.
La Bretagne compte à elle seule six millions de mètres carrés d'aviculture, un seul poulailler pouvant atteindre deux mille cinq cents mètres carrés.
Oeufs
En France, 50 millions de poules pondeuses sont incarcérées à vie dans des cages minuscules où elles ne peuvent ni dormir ni étendre les ailes, mais seulement absorber une nourriture éventuellement issue de fosses septiques et de boues d'épuration...
Les poules pondeuses, avant de finir en raviolis ou en bouillon cube, car trop cassées pour être présentées en cuisses, doivent pondre à un rythme effréné. Dans les hangars à ponte, on commence par éliminer les dizaines de millions d'inutiles poussins mâles en les expédiant vivants et piaillants dans des broyeurs.
Les réputées "maman-poules", transformées en machines à pondre, sont entassées pendant soixante-douze semaines, par cinq, dans une cage grillagée de quarante six centimètres sur cinquante et un de coté. La promiscuité et le stress obligent le débecquage. Du fait du grillage, les pattes se fissurent et se déforment. La ponte, totalement contre nature, est accélérée par un système d'éclairage.
La scientifique Jacqueline Bousquet nous dit :
" Comment considérer les oeufs issus de ces malheureux volatiles, oeufs de la souffrance, oeufs de la honte !
Si les consommateurs pouvaient voir sur les présentoirs la photo de ces poules dont la détresse physiologique est incommensurable, ils se détourneraient avec dégoût d'un tel produit porteur de mort...
Ces oeufs manifestent d'ailleurs une inversion de polarité très inquiétante... Est-il utile de préciser qu'il n'y a pas de salmonelle dans les oeufs de poules élevées comme l'a décidé Mère Nature ? "
L'alternative est pourtant simple pour que cet enfer cesse, il suffirait d'acheter les oeufs portant le label "oeufs de poules élevées sur parcours libre" ou "en plein air".
Attention, les mentions "oeufs frais" et "oeufs de ferme" déterminent des oeufs provenant d'élevages en batterie.
Bien sûr, l'idéal reste d'acheter des oeufs biologiques que l'on trouve maintenant dans toutes les grandes surfaces.
Veaux
Les veaux, eux, sont deux millions en France, à vivre dans un cercueil. Arrachés brutalement à leur mère, privés de tout amour, enfermés à vie dans l'obscurité, dans un box sans litière de quatre-vingt centimètres de largeur, sans pouvoir se retourner ni se coucher, rendus anémiques par une alimentation liquide sans fer pour obtenir de la viande blanche, on leur donne, pour les engraisser de cent-cinquante kilos en trois mois, de la matière grasse provenant des cadavres de leurs congénères. D'herbivores, les petits veaux sont rendus cannibales !
Cochons
Quand nous mangeons du porc, nous mangeons l'animal le plus mal traité, le plus avili de la planète alors que son intelligence et sa sensibilité sont identiques à celles du chien.
Le porc est naturellement très propre et dire de quelqu'un qu'il est "sale comme un cochon", c'est insulter les porcs !
Pour ces animaux, l'industrialisation est poussée au maximum en cinq mois un porcelet doit peser cent kilos.
La doctoresse Kousmine nous explique que la torsion permanente en tire-bouchon de la queue du cochon est la conséquence de son régime alimentaire contre nature. Cette torsion n'est pas un fait normal, elle exprime une tension nerveuse. " Les cochons nourris naturellement sont très propres, ils ne souillent pas leur litière, ils cohabitent sans la moindre agressivité et leur queue est droite ! "
Des expériences ont montré que l'angoisse suscitée chez un porc par l'audition des cris de ses congénères menés à l'abattoir, provoque le passage des colibacilles de l'intestin dans le sang et les muscles, rendant la viande impropre à la consommation.
Quant aux truies, machines à produire des porcelets, elles sont en permanence jour et nuit sanglées au sol, dans des stalles qui leur interdisent toute espèce de mouvement, et ce pendant deux ans et demi......
Les barreaux n'empêchent pas les bébés de se nourrir mais privent la mère de tout comportement affectueux à leur égard.
Deux ans et demi de cette vie ! Au moment de l'abattage, incapables de marcher, elles sont enchaînées vivantes à une grue et traînées dans des hurlements de douleur jusqu'au camion de transport puis à nouveau du camion à l'abattoir.
Leur chair trop blessée et leurs membres trop disloqués n'étant pas présentables en jambon, elles deviennent rillettes et saucissons.
Lait
Quand nous mangeons de la viande de boeuf, huit fois sur dix c'est de la vache laitière réformée. Après cinq ans de vie misérable en stalles où elles doivent produire deux fois plus de lait que naturellement, épuisées et presque incapables de marcher, elles sont expédiées, après d'interminables heures de transport, à l'abattoir pour leur viande. Pour produire le lait elles sont inséminées afin d'avoir un veau
Foie gras
Pour la production du foie gras, type même d'une honteuse consommation de luxe, on utilise également le système intensif.
Chaque année, quinze millions de poussins femelles, n'étant pas aptes à produire du foie gras sont expédiés au broyeur... tandis que huit cent mille oies et seize millions de canards mâles sont placés dans des cercueils de grillage de vingt-cinq centimètres par quinze de côté, immobilisés à vie, rangés vivants comme des sardines en boîte.
On est bien loin de "Martina", la petite oie de Konrad Lorenz
Le gavage est mécanique, rapide, brutal. Une machine gave six cents canards en une heure.
En cinq secondes, l'animal reçoit une telle quantité de maïs, qui de plus est brûlant, que cela équivaudrait à quinze kilos de pâtes pour un humain.
Ces manipulations occasionnent de graves brûlures et fréquemment la perforation du cou. Le volume du foie est multiplié par dix, hypertrophie créée par la maladie. Manger du foie gras revient à manger un organe malade dont la pathologie se situe entre la cirrhose et le cancer.