Antispécisme
L'HOMME EST-IL SUPERIEUR AUX AUTRES ANIMAUX ?
Répondre oui est une évidence pour bon nombre d'humains qui ne peuvent ou ne veulent pas se remettre en question.
En affirmant sa supériorité on peut réduire plus facilement l'animal en perpétuel esclave, on peut sans mauvaise conscience, le torturer, lui oter sa liberté, le tuer.
On peut aussi réduire des groupes humains au rang d'animaux pour mieux les anéantir.
Les fondements du spécisme se basent sur cette notion inébranlable de la supériorité humaine comme les fondements du racisme se basaient sur la supériorité d'une race (blanche) supérieure sur les autres races.
Mais qu'en est-il vraiment? L'homme est-il vraiment supérieur aux autres animaux?
J'ai tenté de répondre à cette question. Réponse bien incomplète, je n'en doute pas, qui demande à être commentée, analysée, critiquée.
Mais j'en suis venu à la conclusion que la supériorité humaine n'est qu'un mythe, un leurre, un mensonge grossier. Partant de ce constat, le spécisme doit être aboli et condamné.
Conscience : L'animal n'aurait pas de conscience. Cette affirmation peut elle être prouvée? Chaque espèce n'aurait-elle une conscience propre à son espèce, sans possibilité de connection avec les autres espèces.
Pas de conscience du bien ou du mal (du moins comme nous l'interprétons.)
L'homme seul fait du mal. Les carnivores, certains insectes peuvent faire "mal" à leurs proies. Mais on ne peut pas dire que c'est mal car ils ne peuvent faire autrement (pour leur alimentation, procréation etc..) Alors que par contre, l'homme peut faire "mal" alors que rien ne le contraint. La violence est le propre de l'homme. Il est omnivore donc il peut ne pas se nourrir d'animaux. Il semblerait que ce soit les conditions de la domestication / asservissement des animaux qui a poussé la violence humaine à son paroxysme (génocides, guerres, emprisonnement, esclavage sans oublier l'horreur suprême ce que nous faisons subir aux animaux aux quotidiens et depuis des milliers d'années.)

Raison : l'animal n'aurait pas de raison. Sur quelles recherches scientifiques objectives s'appuie-t-on pour affirmer cela ? L'animal doué de pensées raisonne forcément mais bien évidemment à son propre niveau afin de répondre à ses besoins (tout comme nous mais nos besoins sont différents)

Instinct : L'animal captif depuis sa naissance à besoin d'une éducation pour retourner à la nature. Ce qui prouve que l'instinct ne fait pas tout pour l'animal. Par contre, nos actes de la vie sont aussi guidés par l'instinct. On fanfaronne devant les filles, on s'exhibe en boite de nuit; tout cela correspond au parade nuptiale que fait le male devant la femelle.
L'instinct de propriété, de territoire que l'on défend contre l'intrus ou ce qui est considéré comme tel tout comme les animaux.

Contrainte : par contre, l'homme est le seul animal à s'inventer des contraintes comme le travail, l'argent, les guerres.

Régulation :l'homme est incapable de gérer sa démographie qui est exponentielle.

Language : un language évolué différencie l'homme des autres animaux. L'homme ne communique qu'avec lui-même et encore les différentes langues ne permettent que rarement de se comprendre. Par contre, les animaux ont aussi leurs propres moyens de communication. Ils communiquent donc entre-eux et certainement mieux que nous le faisons.

Au sommet de l'évolution:
1 Toute espèce est forcément adaptée à son biotope et donc au sommet de son évolution puisque dans le cas inverse, elle n'existerait pas ou plus. Ce n'est nullement l'apanage de l'homme.
2 L'homme n'a subi qu'un grand bouleversement climatique (la pérode glaciaire), rien ne dit qu'il supportera un nouveau changement.

Une intelligence supérieure: sur l'échelle du temps (de la naissance de la terre à aujourd'hui) cela ne fait que quelques secondes que l'homme a créé des outils, maitrisé le feu. Etc. Il faut arrêter de se gargariser. Quelques secondes, c'est infime !
Les animaux ont leur propre intelligence qui répond à leurs besoins.
L'homme a sa propre intelligence qui répond à ses besoins
Mais les humains ne sont pas égaux en intelligence que ce soit dans le domaine de la technologie (qui d'entre-nous serait capable de construire un ordinateur; nous nous contentons d'appuyer sur des boutons, de cliquez, idem pour la plupart de nos objets du quotidien ou bien dans celui de l'éthisme.

Ethisme : peu de personnes font preuve réellement d'une attitude éthique. Elles peuvent être certes aidéee par l'éducation si celle-ci est bien dispensée. Mais l'homme, prisonnier de son quotidien, n'a pas le temps de réfléchir sur ce qu'il fait. Le racisme n'a été combattu que par quelques personnes trouvant cela innaceptable. Pendant des siècles, la quasi majorité ne s'est pas interposée, estimant cela normal. Etre opposé au racisme aujourd'hui n'est pas forcément la preuve d'une évolution. On pense comme les autres tout simplement. Si les antiracistes d'aujourd'hui réfléchissait un peu, ils évolueraient fatalement et logiquement vers l'antispécisme. Ils n'attendraient pas que des philosophes le leurs suggèrent. Ils n'attendraient que le spécisme deviennent un délit.

Assistanat / communisme : notre mode de vie, compartimenté, fragmenté selon telle ou telle profession fait de nous des assistés par rapport aux autres animaux sauf ceux vivant en meute ou en harde mais le processus est différent car un animal isolé arrivera à vivre ce qui n'est pas le cas de l'homme. Un scientifique seul sera moins habile dans la nature pour vivre que n'importe quel autre animal. Idem pour le manuel.

Anthropomorphisme : un cheval n'est pas un ours. Un renard n'est pas une loutre. Un chat n'est pas un homme. Chaque espèce a son propre moyen de communication, ses propres réactions répondant à tel événement. Le fait que l'animal réagit différemment (ou ne semble pas réagir car on ne connait pas ses codes) de nous n'est pas source d'infériorité mais de différence. Le comparer à nous, s'attendre à ce qu'il ait les mêmes réactions que nous est une erreur. L'anthropomorphisme est aussi mauvais que le spécisme.

Souffrance :pour étayer ce qui est dit plus haut. Les animaux (dotés d'un système nerveux) peuvent ressentit le plaisir/déplaisir. Toutefois, ils peuvent avoir une différence avec nous dans l'expression de la souffrance. Même chez nous, l'enfant exprimera sa souffrance en pleurant alors que l'adulte ne pleure pas (même quand il a mal aux dents et on ne va pas en conclure qu'il n'a pas mal aux dents !) On notera d'ailleurs que le novillos bleugle sous les coups de son tortionnaire à l'inverse du taureau qui gardera un silence trompeur.

Nivellement des différences : au cours de l'histoire, les différences entre humains ont pratiquement disparu. La royauté, quand elle existe encore, n'est plus considérée comme supérieure parce que plus proche de Dieu. Idem pour la noblesse, la servitude du serf n'existe plus. Certes, il y a encore des riches et des pauvres mais les riches ne sont pas supérieurs aux pauvres comme pouvait l'être le seigneur face à son serf. Il s'agissait d'une supériorité divine. Le racisme est condamné; mieux même le concept de race est caduque.
Pourtant des différences culturelles, physiques, (la théorie des climats), d'intelligence existent évidemment entre humains ou entre groupes d'humains sans que pour cela ces différences soient source d'une hiérarchie. L'handicapé mental, même très handicapé, sera toujours un être humain et considéré comme tel par ses pairs.
Les antispécistes, d'aujourd'hui, se trouvent dans la même position que Spinoza et d'autres précurseurs qui remettaient en cause quelques fondements de la religion. Ils s'attaquaient à un dogme inébranlable qui a pourtant été ébranlé depuis. Gardons donc l'espoir que nous ébranlerons aussi le spécisme pour en faire une absurdité.

Différence : effectivement, il y a des différences fondamentales entre un homme et un animal, comme entre une taupe et un lapin.... Différence n'est pas supériorité ou infériorité. On ne peut comparer que ce qui est comparable. Par exemple : une table est-elle supérieure à un avion? On ne peut pas répondre car leurs utilisations sont très différentes. Pour aller d'un point à un autre, l'avion sera supérieur mais pour manger, lire, travailler on préferera une table.
Cet exemple ne veut pas dire que l'animal doit être vu comme un objet utilitaire mais qu'il est tout aussi loufoque de vouloir comparer les humains et les animaux et d'y opérer un classement. Il est aussi entendu que l'homme est aussi un animal; qu'il est absurde de montrer l'homme comme la référence absolue, le maitre étalon sur lequel on se base pour faire des comparaisons et accorder un peu plus de compassion à certains animaux plus proches de nous comme certains primates.

Ne serait-il pas enfin temps de penser que ces différences ne peuvent être en aucun cas des critères, des passe-droits, des autorisations morales et légales pour asservir les animaux?
Ne serait-il pas enfin temps de leurs rendre leurs pleines, entières et légitimes libertés que nous leurs avons volé depuis la domestication?
Ne serait-il pas enfin temps de voir en eux des autres vivants et d'apprendre à composer avec eux pour partager la Terre dont tout comme eux nous n'en sommes pas les propriétaires.
Dominique Joron