Propos recueillis par Julie Boch Entretien avec Robert Delort, spécialiste d’histoire médiévale. Des animaux, depuis l’insecte jusqu’au mastodonte, il connaît toute l’histoire, passée et présente, liée ou non à celle des hommes. Pourquoi, en tant qu’historien, s’intéresser à l’« histoire des animaux » ? Quelle est la nature de cette histoire ? Je désirerais préciser la définition de l’histoire qui n’est plus exactement celle qu’Aristote entendait, quand il traitait de l’« histoire des animaux ». L’histoire est certes une recherche, mais qui concerne les objets ou les phénomènes variant dans le temps. L’objet de cette recherche peut être, pour bien des historiens, seulement l’homme, mais pour d’autres, l’univers, la terre, les planètes... Il y a une histoire du climat, des océans, des plantes, et elle commence bien avant l’apparition de l’homme sur la terre. Dans ces conditions, pourquoi ne pas s’intéresser à l’histoire des animaux et de leur devenir dans l’espace dont ils font partie, dans leur environnement propre et, également, dans notre environnement, pour l’excellente raison que toute histoire est écrite par des hommes pour être exposée à d’autres hommes et que c’est à partir de ses connaissances que l’esprit humain conçoit une telle recherche, y déploie ses qualités intellectuelles et y met en évidence ses intérêts généraux ou particuliers. Peu d’animaux semblent avoir conscience de leur propre histoire (au sens humain du terme) sur plus d’une génération, malgré quelques indices que l’on peut repérer chez les éléphants, les loups, les cétacés, etc. dans les contacts qu’ils ont entre eux. De toute manière, seul l’homme peut tenter de la formuler.

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Les animaux ont une histoire
publié le 2 juin 2010
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